C’est l’indicateur central de la nouvelle stratégie fiscale du Togo : la pression fiscale doit passer de 13,3 % du PIB en 2025 à 18,6 % en 2031. Derrière ce pourcentage se cache une question simple : quelle part de la richesse produite dans le pays revient à l’État sous forme d’impôts ?
Comprendre la pression fiscale
La pression fiscale se calcule en divisant les recettes fiscales par le PIB. À 13,3 %, cela signifie que sur 100 FCFA de richesse créée au Togo, l’État en collecte 13,30 en impôts et taxes. L’objectif de 18,6 % porterait ce montant à 18,60 FCFA.
Un indicateur bloqué depuis dix ans
Le taux est passé de 12,1 % en 2013 à un pic de 13,8 % en 2023, avant de revenir à 13,3 % en 2025. Il reste en dessous de la cible nationale de 15 % et loin de la norme de 20 % fixée par l’UEMOA à ses États membres. Pourtant, selon la FERDI, un centre de recherche spécialisé, le potentiel fiscal du Togo était estimé à 20,2 % du PIB en 2021.
Les trois freins identifiés
- Le secteur informel, très important, qui échappe en grande partie à l’impôt.
- Les exonérations, qui représentaient 2,7 % du PIB en 2024.
- Les écarts de conformité, c’est-à-dire les impôts dus mais non payés : 3 % du PIB pour la TVA et 1,1 % pour l’impôt sur les sociétés.
Une trajectoire progressive
La stratégie prévoit une montée par paliers : 14,1 % en 2026, 15,6 % en 2027, 16,5 % en 2028, 17,4 % en 2029, 18,1 % en 2030 et 18,6 % en 2031. Le cadrage budgétaire impose une hausse d’au moins 0,5 point de PIB par an, objectif respecté chaque année selon le document.
Pourquoi c’est important
Un pays qui collecte peu d’impôts dépend davantage de l’endettement et de l’aide extérieure pour financer ses routes, ses écoles ou sa sécurité. Augmenter la pression fiscale, c’est donc chercher à financer le développement avec ses propres ressources. L’enjeu est de le faire sans peser excessivement sur les ménages et les entreprises.
Source : Ministère des Finances et du Budget, SRMT 2027-2031.

