Les vendeuses du marché, les ateliers de couture, les garages de quartier, les petits commerces transfrontaliers : l’économie informelle fait vivre une large partie des Togolais. Mais elle contribue peu aux recettes publiques. La Stratégie de mobilisation des recettes 2027-2031 en fait l’un des chantiers prioritaires.
Un frein majeur pour les recettes
Le document cite la « prépondérance du secteur informel » comme première explication de la faiblesse de la pression fiscale, bloquée à 13,3 % du PIB. Il classe aussi l’« informalité structurelle persistante » parmi les principales menaces pour la mobilisation des recettes.
La réponse : un prélèvement unique
La mesure phare est l’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique calculé sur le chiffre d’affaires. Il remplacera les différents prélèvements effectués aujourd’hui par plusieurs organismes : l’OTR, la CNSS et les communes. Le petit entrepreneur n’aurait plus qu’un seul interlocuteur et un seul paiement.
Ce prélèvement serait associé à des contreparties concrètes :
- une couverture santé ;
- un accès aux marchés publics ;
- des services en ligne pour s’immatriculer, déclarer et payer simplement.
Rendement attendu : 10,9 milliards FCFA, à partir de 2029.
Les autres mesures
- Le minimum forfaitaire de perception passera de 1 % à 2 % pour les entreprises individuelles (3,5 milliards attendus en 2028).
- Les petits commerçants transfrontaliers bénéficieront d’une procédure de dédouanement automatisée et simplifiée, avec des conditions tarifaires adaptées.
Un pari sur la confiance
L’approche choisie ne repose pas seulement sur la contrainte. En offrant une protection sociale et un accès aux marchés publics, l’État cherche à rendre la formalisation attractive. Le pari est que de nombreux entrepreneurs informels accepteront de contribuer s’ils y trouvent un intérêt concret. Le succès dépendra de la simplicité réelle du dispositif et de la qualité des services promis.
Source : Ministère des Finances et du Budget, SRMT 2027-2031.

