Le secteur des télécoms pèse lourd dans l’économie togolaise, et donc dans les finances publiques. Les chiffres de l’ARCEP et la Stratégie de mobilisation des recettes 2027-2031 permettent de comprendre pourquoi il devient stratégique pour l’État.
Un secteur à forte valeur
Au deuxième trimestre 2026, les opérateurs ont réalisé 62,47 milliards FCFA de chiffre d’affaires, soit plus de 250 milliards sur les quatre derniers trimestres. Ils ont investi 15,19 milliards sur le seul trimestre. Le secteur concentre de grands contribuables, structurés et faciles à identifier, ce qui en fait une source de recettes fiable.
Une fiscalité spécifique
Entre 2021 et 2025, l’État a créé la TETTIC, la taxe sur les entreprises de télécommunications et des technologies de l’information et de la communication, au taux de 5 %. Elle s’ajoute à la fiscalité de droit commun : TVA sur les forfaits et recharges, impôt sur les sociétés, retenues sur salaires. La SRMT cite d’ailleurs les télécoms, avec les hydrocarbures et les mines, parmi les « secteurs stratégiques » où les brigades de contrôle doivent renforcer leur efficacité.
Le numérique, nouveau gisement
La croissance de la data ouvre un autre front : les services numériques étrangers consommés via les réseaux des opérateurs. La TVA sera étendue à tous ces services rendus par des entreprises non résidentes, avec 21,9 milliards FCFA attendus sur 2027-2031.
Les télécoms, source de données
C’est peut-être l’enjeu le plus important à long terme. La SRMT prévoit l’interconnexion des systèmes d’information de plusieurs institutions, dont l’ARCEP. Elle envisage aussi de croiser les transferts internationaux d’argent avec la fiscalité des non-résidents. Dans une économie où 179 millions de transactions Mobile Money sont réalisées en un trimestre, ces données deviennent un outil précieux pour mieux connaître l’activité économique.
Un équilibre délicat
La pression fiscale sur les opérateurs doit rester compatible avec leurs besoins d’investissement, notamment pour la 4G, la fibre et la 5G. Trop taxer le secteur pourrait ralentir le déploiement des réseaux et renchérir les services pour les consommateurs.
Sources : ARCEP Togo, Observatoire T2-2026 ; Ministère des Finances et du Budget, SRMT 2027-2031.

