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Lundi 5 octobre 2026 Édition Togo

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Décryptages

Le Togo se digitalise vite : le fisc peut-il suivre le rythme ?

Mobile Money et data explosent au Togo. L'administration fiscale, freinée par des systèmes cloisonnés, peut-elle suivre ? Analyse croisée ARCEP et SRMT.

Publié le · 2 min de lecture
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Les usages numériques des Togolais progressent à une vitesse impressionnante. Mais l’administration fiscale, elle, avance-t-elle au même rythme ? La comparaison entre l’Observatoire de l’ARCEP et la Stratégie de mobilisation des recettes 2027-2031 révèle un décalage.

Une société qui accélère

En un an, selon l’ARCEP :

  • le trafic data mobile a presque doublé (+99 %) ;
  • la valeur des transactions Mobile Money a bondi de 51 %, à 1 968 milliards FCFA par trimestre ;
  • le nombre de transactions Mobile Money a augmenté de 52 %, à 179 millions par trimestre ;
  • les abonnements mobiles ont progressé de 27 %.

Une administration qui se modernise

L’OTR n’est pas resté immobile. Télédéclaration et télépaiement sont généralisés pour une partie des contribuables, des titres fonciers numériques sont délivrés, le paiement de la taxe sur les véhicules et la gestion du numéro d’identification fiscale sont digitalisés. Le taux de satisfaction des usagers atteignait 80,6 % en 2025.

Mais des faiblesses reconnues

La SRMT est lucide. Elle cite parmi les faiblesses du système des « systèmes d’information cloisonnés et insuffisamment interopérables », une faible fiscalisation du numérique et une efficacité limitée des outils de contrôle. Les procédures dématérialisées restent mieux maîtrisées par les grandes entreprises que par les entreprises moyennes.

Le plan de rattrapage

L’axe 3 de la stratégie, consacré à la transformation digitale, mobilise 6 milliards FCFA, soit 57 % du budget total. Les priorités :

  • facturation électronique (environ 1,2 milliard) ;
  • interopérabilité des systèmes (700 millions) ;
  • analyse de risque automatisée par apprentissage automatique (175 millions) ;
  • hébergement souverain des données et cybersécurité ;
  • extension de la dématérialisation à toutes les entreprises d’ici 2028.

Les obstacles

La facturation électronique dépend de l’adoption d’une loi sur la signature électronique. Les investissements numériques sont financés à 80 % par des partenaires extérieurs. Les métiers de l’OTR devront évoluer, ce qui suppose formation et recrutement.

Verdict

L’administration a pris conscience du retard et dispose d’un plan. La question est celle du tempo : les usages numériques progressent de 50 à 100 % par an, les réformes administratives se comptent en années. Le rattrapage est possible, mais il exige une exécution rapide.

Sources : ARCEP Togo, Observatoire T2-2026 ; Ministère des Finances et du Budget, SRMT 2027-2031.

À poursuivre