Passer de 915,5 milliards FCFA de recettes fiscales en 2025 à 2 109,3 milliards en 2031 : l’objectif de la Stratégie de mobilisation des recettes 2027-2031 est ambitieux. Est-il atteignable ? Voici les arguments dans les deux sens.
Ce que l’objectif implique
Cela suppose une hausse moyenne d’environ 15 % par an des recettes fiscales pendant six ans. Sur 2021-2025, elles ont progressé de 7 % par an en moyenne. Le rythme doit donc doubler. Le saut le plus fort est attendu en 2027 : +20 %, de 1 043,7 à 1 256,2 milliards.
Les arguments en faveur
L’économie grossit vite. Le PIB nominal doit progresser d’environ 8,7 % par an. À pression fiscale constante, les recettes suivraient déjà ce rythme.
Le potentiel existe. La FERDI estime le potentiel fiscal du Togo à 20,2 % du PIB. L’objectif de 18,6 % reste en dessous.
Les mesures sont chiffrées. Les 418,1 milliards de rendement fiscal reposent sur 27 mesures évaluées une à une. Treize autres mesures ne sont pas comptées et servent de marge de prudence.
L’OTR a déjà fait ses preuves. Entre 2020 et 2025, il a atteint environ 96 % de l’objectif de hausse de 400 milliards fixé par la Feuille de route gouvernementale.
Les points de vigilance
L’objectif dépasse le cadrage officiel. Le document reconnaît qu’en 2029, la trajectoire dépasse de 1 point la cible de 16,4 % du PIB retenue par la loi de finances 2027. Une partie des mesures reste soumise aux arbitrages annuels.
Le financement dépend des partenaires. 80 % du coût de mise en œuvre doit être financé par des partenaires extérieurs. Le premier risque cité est justement la faible mobilisation de ces ressources.
Les réformes clés ne sont pas encore prêtes. La facturation électronique dépend de l’adoption d’une loi sur la signature électronique.
Les résistances. Groupes d’intérêt attachés aux exonérations, incivisme fiscal, informalité : le document les cite lui-même parmi les menaces.
Verdict
L’objectif est ambitieux mais pas irréaliste, à condition que la croissance reste forte et que les réformes structurantes soient mises en œuvre dans les délais. L’évaluation à mi-parcours, prévue en 2029, permettra de mesurer l’écart entre l’ambition et la réalité.
Source : Ministère des Finances et du Budget, SRMT 2027-2031. Taux annuels moyens calculés par la rédaction.

